
L'expression écrite, c'est vrai,
se porte mal. On s'écrit de moins en moins.
Le petit bleu, le pneumatique
n'existent plus.
Le télégramme et
la carte postale s'étiolent.
Je crains que les lettres
d'amour elles-mêmes ne se raréfient tristement, rendues
inutiles, croit-on, par le téléphone.
Le journal intime, n'en parlons
pas, l'usage s'en est perdu, comme du prosaïque livre de
raison... Conséquence, les archives qui étaient notre
mémoire collective ne sont plus irriguées et vont
disparaître par assèchement. Je ne pense pas que le
merveilleux fax qui facilite tant notre travail à tous ait une
vraie chance de renouveler la correspondance : il lui manque la
séduction et la véracité de la vraie
écriture.
S'il faut
passer de l'écrit à l'oral pour sauver notre future
histoire, si le récit enregistré, le dialogue peuvent
pallier l'abandon de plus en plus évident des
témoignages écrits, n'hésitons pas : Pour
Mémoire est une bonne idée et il faut la mettre en
oeuvre."